Les 7 péchés capitaux à ne pas commettre au travail à Djibouti : guide de survie pour ne pas finir au chômage

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Le chemin est parsemé d’embûches pour décrocher un emploi à Djibouti. Mais après moult Curriculum Vitae déposés avec ou sans l’aide d’un tiers, comme cela est monnaie courante dans notre contrée, le sort vous ait enfin favorable et vous pouvez confortablement subvenir à vos besoins. Néanmoins, cette étape de votre vie comporte 7 pièges, que Djibstyle Magazine propose de contourner, afin de la maximiser tant sur le plan financier que moral.

1. Avoir les yeux plus gros que le ventre

Si vous êtes natifs de Djibouti, vous êtes confrontés quotidiennement au défilé de voitures de luxe côtoyant les quartiers défavorisés. Certains pourraient percevoir dans les postes qu’ils occupent un moyen de gravir l’échelle sociale par des fins malhonnêtes. Entre cherté de la vie, attentes disproportionnées de vos familles et faiblesse personnelle, la tentation de créditer son compte bancaire de quelques millions est plus que jamais omniprésente. Oui, votre femme désire tous les jours s’acheter des boubous chez Qoos et votre mari des bottes de khat à 5000 FDJ, comme il le mérite. Ainsi, il est vital, autant pour vous que pour notre pays, de ne pas céder à ces chants des sirènes et de garder toujours en tête, que biens mal acquis ne profitent jamais.

2. Confondre lieu de travail avec la boutique de ses parents

Qui n’a jamais eu de collègues laxistes fuyant leurs responsabilités à 10h du matin ou confondant le jour avec la nuit. L’habitude est une seconde nature ; dites moi ce que vous faites et je vous dirais qui vous êtes. Ainsi, vous vous retrouverez à échafauder des plans tous plus bancals les uns que les autres pour échapper à vos horaires. En bon langage familier, votre lieu de travail n’est pas un moulin ouvert aux quatre vents de vos caprices. Que vous vous sentiez en sécurité grâce à des relations haut placées (montagnes) ou non, votre absence affaiblit la structure qui vous emploie, surcharge vos collègues et ruine votre image.  Pensez à elle lorsque vous viendrez chercher, des repos médicaux pour des raisons qu’on ne connait pas ou quand vous prétexterez la mort d’une grand-mère pour la quatrième fois.

3. Nuire à vos collègues

Là aussi vous pourriez vous perdre de réputation et vous mettre à dos l’équipe avec laquelle vous travailler. Quel plaisir existe-t-il à espionner ses collègues et à reporter leurs moindres faits et gestes ? Vous serez temporairement bien vu mais balayé par le prochain « fataal » du village.

De manière objective, signaler des incompétences qui nuisent à la qualité du travail n’est pas mauvais en soi. Etre en compétition malsaine avec vos collègues et les griller auprès de la direction est une autre paire de manche. La haine est une activité non lucrative ; ne marchandez pas votre dignité et effectuez votre devoir, en vous rappelant, que les promotions viennent de Dieu et non d’un directeur.

4. Mourir intellectuellement

Atteindre le poste que vous convoiter ne signifie pas que vous êtes l’employé de la décennie. Quelque soit votre niveau lorsqu’on vous le confie, la formation continue est indispensable. Vous n’avez pas la capacité de voyager pour une longue durée ? Certains cursus virtuels gratuits existent. Aucun accès à des livres imprimés ou de bibliothèques ouvertes après le travail ? Les médiathèques en ligne ne vous décevront jamais.

Qu’on ne vous y prenne pas à passer vos journées près des vendeuses de beignets et à surfer sur Facebook à la recherche de Lives douteux. Les années passent et peuvent rapidement se ressembler. Restez toujours à l’avant-garde de la société sans vous laissez décourager  par ceux qui transfèrent leurs lacunes sur votre personne.

5. Doubler de volume

L’oisiveté est maitresse de tous les maux ; bienvenue dans la sédentarité imposée par la chaleur caniculaire de Djibouti. Que la peur de la déshydratation et le travail dans un bureau climatisé ne vous poussent pas à vous reposer sur vos lauriers. Loin de jeter la pierre à la cuisine locale, force est de constater qu’elle est peu recommandée pour un train de vie sain. Entre grignotages et gouters, tout le monde applaudit vos kilos en trop; il faut bien que votre salaire se reflète sur votre triple menton.

Malheureusement, un problème récurrent à Djibouti reste le prix élevé des salles de sport (nous en ferons une enquête sous peu). Vous pourrez pallier à cet obstacle en effectuant des marches et footings nocturnes. Le confinement nous a également appris à apprécier les sports de salon. Résistez autant que vous le pouvez à cette tentation bien djiboutienne de remplir diraac et fouta.

6. Faire preuve de naïveté et de précipitation

Vous aurez beau être jeune et dynamique, le mieux est très souvent l’ennemi du bien. Il est important de bien étudier les dessous de notre cité-état avant de vous lancer dans une entreprise ambitieuse et d’en parler sur votre lieu de travail. Chaque jour que Dieu amène, vous rencontrerez des individus désirant se faciliter la vie en vous délestant de votre bourse ou profiter de votre savoir-faire pour pallier à leurs lacunes. Ne soyez donc pas surpris de voir vos idées reprises sous des appellations diverses. Les investissements à Djibouti demandent subtilité et discrétion ; entourez vous de personnes compétentes dont les maîtres-mots seront les devises précédentes et évitez les eaux troubles où patrouillent les requins.

7. Tribaliser vos relations professionnelles

Nous arrivons enfin à la maladie qui tuera dans l’œuf tout désir d’accomplir correctement une tâche. Dès les premiers jours au bureau, des flopées d’individus dont vous ignoriez l’existence jusque là, proclameront être vos cousins. Pour le peu que vous ayez un poste à responsabilités, c’est à qui vous demandera des interventions sous le premier prétexte tribal venu. Soudainement, votre père se retrouve affilié à tout le service ; et ne vous rappelez-vous pas de cette tante qui a croisé votre mère dans l’ascenseur le jour de votre naissance ?

La tribalité n’est pas une tare en soi : il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. Dans la société multiculturelle qu’est le microcosme djiboutien, nous baser sur un modèle occidental moderne en niant notre héritage millénaire, autant linguistique que coutumier, est contre-productif et aboutit à une perte d’identité. Le véritable fléau reste le tribalisme qui vous poussera à privilégier un employé incompétent et absentéiste au meilleur élément de votre équipe, sous prétexte que vous avez des aïeux en commun. Ne soyez donc pas surpris lorsque votre cousin ne saura pas rédiger le courrier que vous désirez ou vous humiliera en réunion par sa grammaire approximative. Tant que vous refuserez de comprendre que le monde est vaste et que la science infuse n’est pas réservée à votre clan, ce cancer gangrènera l’âme du travail bien fait ainsi que votre citoyenneté.

Djibstyle Magazine vous remercie pour votre attention et espère avoir apporté son expérience du monde du travail avec clarté. En ce début de semaine, nous vous souhaitons une amélioration de votre environnement professionnel tout en priant que ceux qui n’en n’ont pas, trouvent rapidement un emploi.

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